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24h de Villeneuve entre souffrance et euphorie

Me voilà de retour de Villeneuve ou j’ai pris part à mon premier 24h. Je savais que j’allais découvrir quelque chose de nouveau et je n’ai pas été déçu. J’en reviens avec pleins d’enseignements. Pouvoir fréquenter cette petite communauté d’athlètes d’une humilité hors du commun est un véritable honneur pour moi. J’avais déjà eu l’occasion de fréquenter cette crème de l’ultra endurance au Spartathlon en 2014 mais ce week-end, à Villeneuve, nous étions comme une petite famille. Animé par la même passion, nous nous sommes constamment soutenus les uns les autres pour toujours avancer et poursuivre la même quête, à savoir aligner un maximum de kilomètres et en retirer un maximum de bonheur.

Ma seule expérience dans une course horaire, lors des 6h d’Ambilly en 2013 où j’ai pu aligner 67 km, m’avait déjà donné un aperçu de ce genre de course mais là, sur un 24h je savais que j’allais à l’assaut de quelque chose de nouveau. Et je n’ai pas été déçu.

Lors de ma période d’entraînement j’ai eu la chance d’avoir les conseils avisés de Christian Fatton que j’ai justement rencontré au Spartathlon et qu’on ne présente plus. J’ai toutefois fais attention de réduire un peu le kilométrage qu’il m’a préconisé, ceux qui le connaissent me comprendront… Les sorties de 70 km qu’il m’a programmées en mars je les ai donc réduites à 50 et je pense que c’était suffisant comme ça. J’ai couru 900 km entre février et mars dont des séances à allure spécifique à 9.3 km/h (6’27 » au km). Mon objectif était de tenir le plus longtemps possible à cette allure puis de limiter les dégâts en ralentissant le moins possible pour essayer d’accrocher les 200 km au terme de la course. Je me suis également beaucoup inspiré du bouquin de Bruno Heubi, « Courir longtemps », qui m’avait déjà apporté des résultats concluants sur marathon. C’est donc en pleine forme et plein de confiance que je suis arrivé à Villeneuve ce 9 avril, 3 heures avant le départ.

En installant mes affaires dans la halle de gym, je fais la rencontre d’Alain Guye de Neuchâtel. Lui aussi c’est sa première expérience sur 24h et lui aussi est passé directement sur 24h sans passer par le 12h. On se raconte des histoires de courses, d’entraînements et on rigole un bon coup. On prépare tranquillement nos affaires et petit à petit tous les coureurs arrivent. Au moment du briefing d’avant course, 20 minutes avant le départ, je suis étonné de voir le calme de tous ces coureurs d’exception prêts à avaler une quantité incroyable de kilomètres et à endurer des souffrances diverses. Je me rends compte que je me sens également dans cet état d’esprit et quelque part cela me rassure. Peut-être est-ce cela qui m’anime, être étonné par ce que mon corps est capable d’accomplir, mais aussi d’apprivoiser mes souffrances pour en retirer de la satisfaction, de la fierté ou tout simplement du bonheur? N’est-ce pas dans ces moments intenses que les émotions sont les plus fortes?

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Le départ. Photo ‎Raymonde Crausaz Arm‎

A midi, le départ est donné. A part Florian Vieux, vainqueur des 100 km de Bienne en 2012, qui s’aligne aujourd’hui sur 12h et Pierre Fournier sur le relais 12h qui partent comme des balles, nous partons tous à des allures plutôt tranquilles. Dès le début je me cale sur mes 6’27 »/km tant répétés à l’entraînement. A l’issue du premier tour, on constate d’entrée que la course va être dure, en effet le terrain est plutôt capricieux. La boucle de 1.7 km commence par une portion d’environ 150 m de gros gravier, suivi d’une longue ligne droite d’environ 800 m d’asphalte en très mauvais état parsemé de nids de poule. Vient ensuite un virage en épingle sur une petite descente assez raide de 3-4 mètres qui peut paraître ridicule à ce stade de la course mais qui peut être très douloureux après 20h dans les jambes, puis une longue ligne droite d’environ 700 m sur un petit chemin de terre et d’herbe qui longe un canal et qui se termine par une portion caillouteuse où il faudra rester vigilant pour ne pas se faire les chevilles. Puis la boucle se termine par la seule portion qui finalement est agréable à courir, environ 150 m d’asphalte bien plat et bien lisse avant d’arriver au ravito et au tapis de chronométrage.

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Alain Guye qui retrouve une seconde jeunesse. Photo Franck Vautrin

Je discute avec Alain pendant les 4 premiers tour. On parle de famille, de boulot, un peu de course, puis nos allures divergent et chacun part à son rythme. Au ravito il y a 2 écrans, un qui indique le classement provisoire avec le nombre de tour effectués et le nombre de kilomètres parcourus et un autre avec les 7 ou 8 derniers coureurs à être passé sur le tapis avec leur numéro de dossard et l’heure de passage. Cet écran est utile pour savoir si l’on est en train de rattraper un coureur ou non. Dès le départ, je me trouve plutôt dans les derniers du classement mais tant pis, je me suis programmé une certaine allure et je m’y tiens. Après 3 heures de course, je remarque que je commence à dépasser certains coureurs et me demande si je n’ai pas accéléré, mais non, ma montre indique toujours 6’27 »/km. Je consulte l’écran à chaque passage et vois que je suis à présent 9 ème sur 19 et que ma remontée ne fait que commencer. Je me dis à ce moment-là que ma stratégie de courir à allure régulière est en train de payer. Après 6h de course j’ai effectué 55.82 km (6’27 »/km). Je me sens bien et dois même me forcer à ne pas aller trop vite. Régulièrement mon chrono indique 6’25 »/km, je ralentis alors pour revenir à 6’26 ». C’est mon côté un peu perfectionniste, ou maniaque, c’est selon.

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A l’entame de la deuxième portion de 6h, je me situe aux alentours de la 5ème place. Je continue tranquillement à remonter au classement jusqu’à me retrouver à la 3ème place provisoire aux environs de 10h de course. Devant moi, 2 tchèques avancent comme des machines. Surtout le premier qui a 7 tours d’avance sur moi. Le second en a 3 mais je remarque sur le deuxième écran qui indique les passages, qu’il est passé par là 5 minutes avant moi. Au tour suivant, je n’ai plus que 3 minutes de retard sur lui au tour. Je me rapproche! C’est lui qui a ralenti puisque mon chrono indique toujours 6’27 »/km après 10h de course. Je me demande à quel moment ma vitesse va commencer à fléchir. Je sais que ce moment va arriver à un moment ou à un autre. Le moment où cela arrivera, je n’essaierai pas de me forcer à maintenir l’allure mais je me fixerai une vitesse plus lente dans laquelle je me sentirai confortable.

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Petr Valek futur vainqueur du 24h. Photo Franck Vautrin

Je dépasse plusieurs fois Alain qui depuis quelques heures n’est pas au mieux, il s’est arrêté plusieurs fois pour des massages et il lutte en attendant que ça passe. Je l’encourage en espérant que ça aille rapidement mieux.

Après 10h30 de course je n’ai plus qu’un tour de retard sur Jan Hanousek le tchèque en 2ème position. Une demi-heure plus tard je le rattrape et le dépasse enfin pour me retrouver en deuxième position au classement provisoire. Mon allure n’a pas bougé. A minuit, donc après 12h de course, il commence à faire froid. Les participants au 12h en terminent. Florian Vieux, parti comme une balle, a couru tout le long comme une balle et termine…comme une balle. Impressionnant! Il courait 3 tours quand j’en courais 2. Il a avalé plus de 141 km! Je pense que ce record de l’épreuve est installé pour un moment. Bravo à lui en tout cas.

J’ai couru 55.46 kilomètres durant ma deuxième portion de 6h. 111.28 km en 12h Donc du 6’28 » par kilomètre, toujours 9.3 km/h. Le ralentissement est infime mais il est clairement là. Je tiens encore une demi-heure à cette allure puis décide de me caler à 9 km/h. Je pense que la course va vraiment commencer maintenant. Je suis étonné d’avoir tenu 12h à ce rythme sans forcer et sans aucun soucis physique, ni douleur, mentalement au top. Mais là, en ralentissant, je réalise que je n’en suis qu’à la moitié. Les 200 km sont jouables, il me reste 89 km à parcourir en 12h, ce qui fait du 7.4 km/h. Si j’alterne course et marche, je peux le faire. Mais 12h c’est long, très long. Et il commence à faire très froid. La fatigue n’aide pas à maintenir le corps chaud.

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Le ravito. Photo Jean-Luc Ridet

Jan Hanousek a repris des couleurs et est à présent en train de revenir. J’ai encore un tour d’avance mais pas pour longtemps. A minuit et demi il me rattrape. J’aurais tenu 1h30 en deuxième position. Ça aura été mon moment de gloire. Je limite encore les dégâts pendant une heure puis je commence à sentir une douleur au genou droit. Je ralentis encore pour gérer cette douleur qui heureusement s’estompe après un tour. Puis c’est mon releveur gauche qui me fait mal. Toutes ces douleurs me sont familières puisque j’ai appris à les gérer sur des 100 km ou sur des ultra trail mais là, cette douleur au releveur ne veut pas partir. Je décide de marcher un moment en espérant que ça passe. Je suis toujours classé troisième et vois que j’ai encore 7 tour d’avance sur le 4ème. Je me dis que le podium est encore jouable, d’autant plus que dans ces heures avancées de la nuit tout le monde s’est mis à marcher. J’ai l’impression que la course s’est mise en mode hibernation.

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Classement provisoire après 17h55 de course. Photo Jean-Luc Ridet

Tout le monde marche, oui, certes, mais certains marchent plus vite que d’autres… Et c’est là que je remarque l’expérience de certains, les monuments de l’ultra qui gèrent la douleur, l’ennui, la démotivation mieux que quiconque. Philippe Rosset, par exemple, ou l’italien Roldano Marzorati ou encore Mimi Chevillon et j’en passe, qui, mine de rien remontent petit à petit au classement sans jamais cesser de progresser, d’avancer coûte que coûte. Cette volonté m’impressionne. Je me sens tout à coup tout petit. Moi qui me croyait appartenir à cette bande d’ultra fondus, je me rends compte qu’il me manque encore de l’expérience avant d’arriver à leur cheville. Mais je me dis que je suis ici dans la meilleure des écoles et que l’enseignement que je vais en tirer sera ma meilleure arme pour progresser.

Je m’arrête pour un massage. La douleur est trop forte et j’ai peur de griller le reste de ma saison. Le massage me fait du bien sur le moment. Mais sitôt reparti pour un tour en marchant, la douleur est tenace. Je dois traîner la patte pour ne pas utiliser le releveur. C’est apparemment une blessure fréquente en ultra. On me conseille pour la prochaine fois de couper les chaussettes au niveau des malléoles et de passer la languette des chaussures par dessus le dernier passage du lacet afin de réduire la pression sur les chevilles. Et voilà, j’en apprends encore. Je m’arrête pour un second massage que me prodigue Jean-Luc Ridet, l’organisateur de la course, et coureur expérimenté. Son massage me fait du bien, la douleur s’est un peu estompée, ce qui me permet de faire quelques tours dans de meilleures conditions. Mais la douleur s’est à présent déplacée plus bas au niveau de la cheville.

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la longue ligne droite parsemée de nids de poule. Photo Franck Vautrin

Tout le staff s’inquiète à présent de mon état et cette attention particulière me pousse et me motive à tenir le coup et à continuer jusqu’au terme des 24h. Je tiens d’ailleurs à les remercier chaleureusement et particulièrement les deux masseuses qui se reconnaitront.

Je suis content de voir qu’Alain, qui fête d’ailleurs son anniversaire ce jour même, a repris des couleurs depuis quelques heures déjà et galope comme une gazelle. Il remonte tranquillement au classement. Ça fait plaisir à voir.

Ma vitesse moyenne dégringole, ma position au classement dégringole mais mon admiration pour tout les autres coureurs qui sont là aujourd’hui ne fait qu’augmenter et ma satisfaction personnelle également. Au terme des 24h, sous un soleil radieux, nous en terminons avec ce sentiment de bonheur intense, d’euphorie et cette satisfaction d’avoir dompté les kilomètres, les heures et les souffrances. Nous nous congratulons parmi et nous promettons de nous revoir bientôt sur une prochaine course.

Je termine finalement 9 ème au général et 7 ème chez les hommes avec 151.733 km de parcourus. Je suis loin de mon objectif initial mais ce que je rapporte aujourd’hui est beaucoup plus grand. Des 24h j’en referai, assurément.

Merci à tous pour ces moments magiques et bonne récup’ à tous!

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