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Jubilation au 100km de Bienne

De retour de Bienne où j’ai disputé ce week-end les fameux 100 km (58ème édition), je commence enfin à réaliser que j’ai finalement battu mon record sur ce parcours qui tenait depuis 2011 et surtout que je suis descendu sous la barre des 9h de course. Sur 1096 coureurs au départ, en réalisant 8h55’02”, je me retrouve à la 24ème place au classement scratch et 7ème au classement par catégorie d’âge. Il y aura 264 abandons.

Aujourd’hui je suis particulièrement satisfait de ma performance car pour obtenir ce classement et ce temps, je me suis entraîné dur (100-140 km par semaine) en combinant vie professionnelle et familiale. Depuis février j’ai effectué au moins une sortie longue de 40 – 50 km chaque semaine. Quoi de plus gratifiant quand on voit que son travail finit par porter ses fruits.

Mais sur une épreuve comme un 100 km sur route, il y a également le repos et la récup’ d’avant course qui compte énormément. Les 2 dernières semaines j’ai réduit la distance à 40km et n’ai pas couru du tout les 3 jours avant la course. Il y a aussi le facteur chance, passer au travers d’une blessure, d’un coup de fringale ou tout simplement d’un jour “sans”.

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Je suis également particulièrement content de ma course puisqu’un 100 km sur route est à mon sens beaucoup plus dur qu’un trail de 100 km. En effet, sur route, il n’y a absolument aucun répit pour les muscles et les articulations. Les mouvements sont les mêmes du début à la fin. Le format 100 km étant un format que l’on peut encore considérer comme “rapide”, il est aussi plus contraignant physiquement (et non mentalement) à mon avis qu’un 24h par exemple. A chaque pas, le poids du corps vient s’écraser sur les hanches, les genoux, les chevilles.

Bref, comme à chaque fois (5ème participation), à 22h, j’arrive sur la ligne de départ de ces 100 km de Bienne avec beaucoup d’appréhension. Je me place tout devant pour pouvoir tout de suite démarrer à la vitesse que j’ai entraînée et que j’aimerai tenir le plus longtemps, à savoir; 11.8 km/h. Lorsque le départ est donné, je me mets de suite dans mon mode “bulle”, me cale à 11.8 km/h, fais abstraction de tout ce qui m’entoure et fais en sorte de ne plus regarder derrière. Juste avancer, je m’arrêterai seulement une fois la ligne d’arrivée franchie.

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Pourtant, pendant les 15 premiers kilomètres j’ai un peu de mal tenir l’allure. Je me demande même si je ne vais pas un peu ralentir. L’air est lourd, il fait très humide et je transpire abondamment. Au premier ravito, au 5ème km, je ne prends qu’un petit verre d’eau et me retrouve rapidement à avoir la gorge sèche. J’attends avec impatience le second ravito où je prends au vol un verre d’Iso et 2 verres d’eau pour compenser le déficit. Heureusement, au 18 ème km à Aarberg, il commence à pleuvoir et la température chute un peu. Les conditions deviennent idéales pour moi. Plus il fait froid et plus il pleut, meilleures sont mes performances. Mon moteur se met donc finalement en route et je commence à me sentir bien, voire très bien. C’est-à-dire que je rentre dans un mode “automate” où je ne me sens plus courir mais j’ai simplement cette sensation d’avancer sans voir mes jambes bouger. Je pourrai courir comme ça pendant des heures. Je n’ai plus aucun soucis à tenir mes 11.8 km/h. Cela me remet en confiance.

Jusqu’au 30ème kilomètre, je me fais régulièrement dépasser. Puis, progressivement la régularité dans l’allure paie. Les coureurs partis trop vite commencent à ralentir (ça va être dur pour eux, il leur reste 70 km à courir dans le dur…). Je commence donc tranquillement mon ascension dans le classement. Ma vitesse, malgré le parcours assez vallonné (env. 700 m de D+ sur l’ensemble du parcours), reste constante, 11.8 km/h. Vers le 50ème km, je continue de dépasser parfois des grappes de coureurs. J’ai l’impression de voler, je me sens léger et ma vitesse ne flanche pas. Faut dire qu’à l’entraînement je me suis fait plusieurs sorties de 50km à cette allure avec 2 gels et une gourde de 0.5 litre d’eau sans me sentir réellement fatigué.

Cette première moitié s’étant passée sans encombre, je vais à présent entrer dans le vif du sujet. C’est maintenant que la course va réellement commencer. Il y a de moins en moins de coureur autour de moi. Vers le 58ème km juste après le gros ravitaillement de Kirchberg, j’entame la fameuse “piste Ho-chi-minh”, cette longue ligne droite sur un petit sentier dans la forêt, parsemé de cailloux et de racines. C’est ici en général que les gros dégâts se font. Je reste concentré sur le chemin en évitant de me faire les chevilles et en même temps garde un oeil sur mon GPS pour ne pas trop baisser mon allure. En sortant de la forêt, je constate que j’ai perdu 0.2 km/h. J’évolue maintenant à 11.6 km/h et différentes douleurs dans les jambes viennent s’ajouter aux choses que je dois gérer.

Aux ravitos je ne m’arrête pas, je ralentis juste histoire d’attraper un verre d’eau, d’Iso ou un bout de banane. Curieusement, je n’ai pas du tout besoin de sel. Avec la pluie, mon corps transpire moins et du coup perds moins de sel. A partir du 60 ème km je ne dépasse plus trop de coureurs, je pense que je me suis stabilisé au classement parmi les coureurs du même niveau que le mien. Vers le 70ème km, je commence à avoir de plus en plus de peine à maintenir mon allure. Ma vitesse moyenne est désormais à 11.4 km/h et commence à craindre de ne pas pouvoir battre mon record qui est de 11 km/h. Dès lors, je dois m’employer pour constamment me relancer. Mentalement, je ne cesse de me répéter “ne ralentis pas, ne ralentis pas, ne ralentis surtout pas…”. Physiquement, je me concentre sur les mouvement de mon corps, j’essaie constamment d’éviter de me crisper, d’adopter une foulée efficace, économe et rapide à la fois.

Au km 73, je me fais dépasser. Je saute sur l’occasion pour me relancer. C’est dur. Le coureur à l’air à l’aise. En quelques minutes il m’a mis une centaine de mètre. Je ne le lâche pas des yeux et relance encore. Je me fais mal mais je ne veux pas imaginer ma déception si je ne passe pas sous les 9h. Aujourd’hui, je m’en sens capable. C’est aujourd’hui ou jamais. Au ravito du km 76,5, je rattrape le coureur qui s’est arrêté 30 secondes pour se ravitailler. J’attrape un verre d’eau et passe devant lui sans m’arrêter. Je me prends un gel qui me reste dans ma poche et pars à l’assaut de la longue et raide montée de Bibern. L’envie de marcher me titille plus d’une fois mais je continue de courir. La pluie redouble, c’est maintenant des seaux d’eau que je me prends sur la tête. Heureusement cette grosse averse ne dure que 5 minutes. Au milieu de la montée, le coureur me dépasse à nouveau. Je m’accroche à lui. Ne surtout pas le lâcher.

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Arrivé en haute de la montée, le coureur se trouve une cinquantaine de mètres devant moi. Mon GPS indique 11.3 km/h. Je me motive et me fais violence pour me relancer sur le plat. Ce n’est pas facile, j’ai mal partout, mais rapidement je vois que je rattrape le coureur. Après le plat, nous entamons une longue descente jusque sur les rives de l’Aar. Mes quadriceps sont en feu, mais peut-être parce que je suis habitué des trails, je gère beaucoup mieux la descente que mon rival du jour. Je le dépasse assez vite et ne le reverrai plus.

Arrivé au bord du fleuve, il ne me reste plus que 18 km à parcourir. Mais probablement les km les plus durs. Je dois constamment lutter pour ne pas m’arrêter, ne pas marcher et ne pas ralentir. Mon compteur indique toujours 11.3 km/h. Je commence à faire des calculs dans ma tête pour essayer de déterminer à quelle vitesse je peux courir les derniers km en restant sous les 9h. Je rattrape 3 ou 4 autres coureurs pendant ces terribles derniers kilomètres. 4 km avant l’arrivée un coureur me dépasse, je n’arrive pas à m’accrocher à lui. ma vitesse moyenne est désormais de 11.2 km. 3 km avant la fin, mon chrono indique 8h39′, je commence à y croire, 21′ pour faire 3 km ça devrait le faire. 98 ème km, 8h45′, 15′ pour faire 2 km, j’y crois carrément. Je savoure pleinement ces derniers hectomètres.

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Quand je passe la ligne d’arrivée en 8h55’02”, je ne peux m’empêcher de laisser éclater ma joie. L’organisateur, Jakob Etter est là pour accueillir les concurrents, il ne peut s’empêcher de me serrer dans ses bras en voyant ma joie.

Au final, j’ai eu le sentiment d’avoir maitrisé ma course du début à la fin. Je ne me suis jamais arrêté de courir, même pas pour uriner, même pas dans les montées ni au ravitaillements où je ne faisais que ralentir. Je n’ai rien ingurgité d’autre que de l’eau, de l’Iso et des bananes.

10 minutes après en avoir terminé, je songe déjà à m’inscrire l’année prochaine pour battre mon nouveau record.

 

2 commentaires

  • Bonjour,
    un très grand bravo pour votre nouveau record au 100km de Bienne. Pensez-vous que la course du 24h a été un meilleur choix par rapport au marathon de Genève pour votre 100km de Bienne? Etes-vous arrivé plus frais en ayant pas couru le marathon 5 semaines avant en moins de 3 heures?
    Je vous souhaite une bonne continuation et beaucoup de plaisirs pour vos futurs objectifs.

    • Bonjour Fernando,
      Oui je pense que le choix du 24h était bon car il m’a permis d’accumuler beaucoup de km sans trop forcer sur la vitesse. Un marathon permet effectivement d’avoir une bonne vitesse mais est très contraignant pour les articulations. De plus, je trouve qu’au niveau mental il est très difficile de se relancer après un marathon parce que l’entraînement est très dur.
      Amicalement.

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