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21.09.14

Supertrail du Barlatay

Voilà déjà un mois que j’ai participé à cette course mais mes souvenirs sont encore suffisamment frais pour vous faire le récit de ce magnifique trail disputé dans les conditions épiques.

J’arrive à L’Etivaz, où se trouve le départ, en début d’après-midi, pour installer mon bus, réceptionner mon dossard, préparer mes affaires mais également pour me reposer. En effet, le départ est donné le jour même à 21h, juste après le coucher du soleil. Sauf qu’aujourd’hui, le soleil on ne le voit pas du tout. Mais alors pas du tout. Par contre la pluie et la boue, on la sent bien… Il pleut des cordes et suis bien content de m’installer dans mon bus, bien au chaud et au sec pour me préparer mentalement.

photo 2

Je bouquine un peu, mange, bois et essaie de dormir. Malgré le stress d’avant course, je vais quand même piquer un petit somme d’une heure. A 20h15, je sors de ma grotte, vérifie une dernière fois mon matériel et me dirige vers la ligne de départ. Une vingtaine de coureurs sont déjà là, nous ne sommes un peu moins de 100 inscrits sur le grand parcours de 87 km et 5600 m de D+. On essaie tous de rigoler un peu pour détendre l’atmosphère, mais faut pas se leurrer, la forte pluie nous plonge quand-même dans une sorte d’appréhension. Ça fait maintenant 2 semaines qu’il pleut et le terrain est vraiment gras.

21h après un petit briefing sur la sécurité de la part du directeur de course, le départ est donné. Nous nous élançons, la frontale allumée, dans l’obscurité de la montagne. La température est en revanche idéale. Du moins à mon goût. Au fond de moi, je suis quelque part satisfait de cette météo, c’est en général dans ces conditions que je cours le mieux.

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Après à peine 500m de plat, nous attaquons déjà la première montée. Je me cale assez vite dans un bon tempo qui me convient. L’avantage de courir la nuit est qu’on arrive assez facilement à se mettre dans sa bulle et faire abstraction des autres coureurs. Ça fait à peine 10 minutes que je cours que déjà je mets mon pied dans une marre de boue jusqu’à la cheville. J’ai à peine le temps de me dire que courir avec un pied mouillé n’est pas très agréable que voilà mon autre pied qui subit le même sort. Voilà, le problème est réglé…

Les sensations sont bonnes, je dois me situer aux alentours de la 25ème place. Mais la route va être très longue. Le premier ravito se trouve au 27 ème km aux Diablerets. Mais pour y arriver, il va falloir franchir 4 petits cols de 400 à 800 m de dénivelé positif. Ça peut paraître assez facile vu comme ça, mais avec de la boue jusqu’au milieu des mollets, la progression est fortement ralentie et le mental est mis à rude épreuve. Malgré une absorption de gels importante, environ un gel par demi-heure, je sens que mes forces partent vite.

Un peu avant d’arriver aux Diablerets, ma lampe commence à clignoter! Cela indique qu’elle n’a bientôt plus de batterie! Il est à peine 2 heure du matin, comment vais-je faire pour affronter la nuit noire! J’étais pourtant sûr de l’avoir mise en mode économique! J’essaie d’accélérer le pas pour y voir quelque chose dans la descente très technique et boueuse qui mène au poste de ravitaillement. Heureusement, j’y arrive, à la 31 ème place, juste avant que ma batterie soit complètement morte . Je demande à un officiel si éventuellement ils ont une frontale à me prêter. Le pire c’est que j’avais prévu une lampe de secours mais je l’ai oubliée dans mon bus. AHHH elle est bien utile dans mon bus!… L’officiel me dis qu’ils n’en ont pas mais accepte gentiment de mettre à disposition la prise USB de son ordi portable pour que je puisse recharger ma batterie. J’en profite pour me ravitailler à fond. Viande séchée de la région (délicieuse), fromage de l’Etivaz (exquis), bref je me requinque pendant 5 bonnes minutes. Je vais voir où en est ma lampe, elle ne s’est quasiment pas rechargée! Forcément , il faut environ 3h pour la charger à fond, alors forcément qu’en 5 minutes… Que faire…

Une ascension de 1500m m’attends pour arriver à 2500m d’altitude. Je ne peux pas envisager de faire ça dans l’obscurité totale, surtout que le chemin va nous amener dans des passages très technique et escarpé et ce soir je ne peut pas compter sur l’aide de la lune pour m’éclairer. En plus parait-il qu’il neige là-haut… J’en suis maintenant à évaluer au mieux le temps que je dois charger ma frontale pour tenir le plus longtemps possible dans la nuit. Si je la charge pas trop longtemps, certes je repartirai plus vite mais je risque de devoir m’arrêter assez vite quitte à devoir attendre qu’il fasse jour pour continuer. Si je la laisse charger trop longtemps, mon corps risque de refroidir et d’avoir de la peine à repartir. Je décide finalement de la charger pendant 30 minutes. Il s’avérera que ce ne sera pas assez…

 

Je commence la longue ascension vers la Para à plus de 2500 m, avec ma frontale en mode économique. Je dois me situer aux alentours de la 50 ème place. Eh oui j’en ai laissé passer des coureurs… Mes jambes vont super bien. Cette longue pause m’aura au moins été bénéfique physiquement. Je distancie assez rapidement les trois trailers partis en même temps que moi des Diablerets. La première partie de la montée se fait sur un petit chemin monotrace en pleine forêt. Je m’amuse à éteindre ma lampe pour voir comment ça fait d’évoluer dans l’obscurité. Et bien j’y vois que dalle! Même pas une petite lueur pour guider mes pas. Je prie pour que ma batterie tienne. Après 45 min d’ascension, je quitte la forêt et commence à monter dans de la rocaille. La luminosité est à peine mieux par contre le vent commence à souffler. Il fait un froid de canard, probablement 0°C. Heureusement, après ma mésaventure du Trail Verbier-St Bernard, j’ai cette fois prévu le coupe-vent, le kway et les gants. Je suis paré. En tout cas je n’ai pas froid.

A peu près à mi-montée, bien sûr, ce qui devait arriver arriva. Ma lampe se met à clignoter. En gros, il me reste 10 minutes de batterie en mode réserve. Etant donné que je me trouve sur un chemin assez facile, je décide d’éteindre ma frontale et d’essayer d’avancer à l’aveugle. Mes yeux s’habituent à l’obscurité et ça fonctionne plutôt bien. Seulement, une demi-heure plus tard, la neige fait son apparition… Le brouillard aussi. Je ne vois plus rien. Pas un trailer à l’horizon, ni devant, ni derrière. Et d’ailleurs pas d’horizon tout court… juste des flocons et un brouillard à couper au couteau. Je suis mal barré. D’autant plus que maintenant le chemin est devenu ultra technique, le genre de chemin à se casser une cheville en plein jour, alors dans ces conditions… La pente est maintenant très raide, je dois m’aider de mes mains pour évoluer. Je suis très loin des Diablerets, ça doit faire 2 bonnes heures que je monte, et je ne sais pas où se trouve le prochain ravitaillement de la Marnèche et quand je vais y arriver. Je commence à angoisser et à avoir un peu peur pour ma sécurité. Je ne sais pas s’il y a un précipice à côté. Je décide de m’arrêter et d’attendre que d’autres trailers arrivent. C’est probablement plus prudent. Il ne faut pas non plus que je reste trop longtemps sans bouger à cause du froid. J’ai, certes, une couverture de survie dans mon sac mais… n’y pensons pas, restons positifs.

Je reste comme ça dans le froid, dans le noir, les pieds mouillés et couverts de boue, dans un pierrier et surtout sous la neige qui, mêlé à un vent de plus en plus violent commence à s’apparenter à une tempête, pendant peut-être 5 minutes, peut-être moins, mais j’ai l’impression d’attendre des heures, quand soudain 2 trailers me rejoignent. Je me réjouis de pouvoir faire route avec eux. Quand ils arrivent à ma hauteur, ils sont surpris de me voir la comme un fantôme, forcément, il ne m’ont pas vu avant d’être à 3 mètres de moi. Je leur explique la situation et, ils décident de « m’escorter ». Pour eux ça ne change pas grand-chose parce que visiblement ils avancent à un rythme nettement plus lent que le mien, mais ils vont littéralement me remettre sur les rails en m’éclairant le chemin. C’est l’occasion de discuter un peu avec eux. Ça aide à faire passer le temps plus vite.

La neige redouble d’intensité. On ne voit pas à 2 mètres. Heureusement, le balisage est très bien fait, les bandes réfléchissantes collées au piquets scintillent à travers le brouillard. Nous rattrapons un trailer un peu à la traîne. Arrivé au sommet, le vent est tellement violent qu’on ne s’attarde pas, on bascule et on attaque la descente. Et là, c’est la véritable piste de ski. Entre pierriers et pentes herbeuses, c’est la véritable lutte pour rester sur ses deux pattes. Un de mes compagnons de route n’a pas de bâtons, je lui en propose un, je lui dois bien ça. Il accepte sans hésiter, ça aide quand-même beaucoup sur ce terrain. Après une demi-heure de descente, la neige se calme, le brouillard se dissipe, le jour apparaît, bref nous sortons enfin des ténèbres…

photo 3

Nous arrivons au ravitaillement de la Marnèche, au km 46. Une dizaine de coureurs sont assis là. Certains changent de chaussettes parce qu’ils ont fait déposer un sac, d’autres se reposent épuisés par la nuit très éprouvante, et un coureur est couché raide, il est tout pâle et a visiblement abandonné. Personnellement, je pète la forme. Cette nuit, ce froid, cette neige, cette boue, cet épisode un peu angoissant de la lampe en panne, tout ça m’a requinqué. J’étais trop occupé à sentir la fatigue et la douleur. Comme je le disais au début, c’est dans ces conditions que je cours le mieux. Je ne m’assois pas, je bois beaucoup, Coca, eau gazeuse, je mange beaucoup, bouillon, fromage, viande séchée, un vrai festin d’alpage. Je discute un peu avec les bénévoles qui sont très sympas. Après une petite dizaine de minutes, je repars refait comme un nouveau-né.

Le ciel est gris mais de petites éclaircies tentent leurs apparitions, il fait à présent entièrement jour, et un chemin assez large en légère descente cours le long du flan de la montagne. Que demander de mieux! Mes sensations sont tellement bonnes que je cours à un bon rythme. Malgré d’importantes mares de boue qui barrent le chemin, ma vitesse ne faiblit pas. Je commence à rattraper des coureurs qui sont au ralenti. J’ai presque l’impression de courir une autre course tellement je vais bien. Je reste suffisamment lucide pour continuer à manger des gels pour prévenir toutes carences. J’avance.

J’ai maintenant un rythme suffisamment élevé pour sentir mon rythme cardiaque battre au alentours de 160 bpm, comme si j’étais sur un semi-marathon. Sauf que là j’ai 87 km à courir… J’arrive au ravitaillement du col des Mosses au km 61 comme une fusée. Je continue de rattraper des coureurs. Au ravito, rebelote, viande séchée, fromage, etc. Je ne m’attarde pas trop et repars pour attaquer directement la montée d’un des 4 cols qui m’attendent encore. Je suis toujours au meilleurs de ma forme, même pas un petit coup de mou. C’est vraiment grisant de courir comme ça. La montée est tout de même dure, mes cuisses brûlent. Régulièrement je dépasse des coureurs. J’ai dû en doubler une bonne vingtaine depuis la Marnèche. Je commence presque à croire que je vais faire un classement honorable.

Le soleil est à présent de la partie et commence même à taper fort. Pendant quelques kilomètres après les Mosses et le long du Lac de l’Hongrin, nous évoluons sur une partie goudronnée, la première depuis le début. Etant à l’aise sur le bitume, ça me permet de relancer un peu et de doubler encore quelques coureurs. Après une dernière ascension j’arrive, à 6 km de l’arrivée, en haut du dernier col de la journée, à 1500m d’altitude. Mon GPS indique que j’ai grimpé 5500m de dénivelé positif depuis hier soir. La fatigue commence à se faire sentir dans les jambes et le sommeil commence également à poindre. Il ne me reste à présent plus que de la descente et suffisamment de force pour tout donner. Je vois quelques coureurs 3-400m devant moi, je me fixe comme objectif de les rattraper. Je prends un gel et m’élance dans la descente. Mes quadriceps sont à la limite de la rupture mais la joie de me rapprocher de l’arrivée me fait oublier la douleur.

Je rattrape trois coureurs. J’en vois un autre 300 mètres devant. Allez! je vais essayer de le rattraper. Ça y est, c’est fait! Je n’en reviens pas comme je suis frais en cette fin de course! Je me paie le luxe de dépasser encore 2 coureurs dans l’ultime kilomètre et passe la ligne d’arrivée heureux d’en avoir fini mais presque déçu de ne pas avoir encore quelques kilomètres à faire tellement je pète la forme. Mon temps: 16h30′! Moi qui espérait descendre sous les 20h, je crois que je peux être satisfait de ma performance du jour (et de la nuit). Mon classement: 15 ème! Dire qu’à mi-parcours j’étais dans les 50 ème, j’ai vraiment fait une seconde moitié exceptionnelle!

barlatay

A présent, une bonne douche, un bon plat de pâte et un bonne bière belge m’attendent. Quoi de mieux pour récupérer des forces. Après le repas, je commence quand-même à sentir les jambes raides, mais c’est sans compter le massage exceptionnel auquel je vais avoir droit. En effet, le masseur connait des techniques incroyables pour favoriser le drainage des muscles, notamment en appuyant sur certains ligaments. Pendant 15 minutes, il va littéralement me ressusciter. Je me relève de la table de massage comme si je n’avais pas couru. Plus aucune douleur, plus aucune fatigue! Incroyable! Je lui demande s’il a un cabinet et il me dit que oui, mais de dentiste! Il fait des massages juste pour le plaisir, à côté de son métier de dentiste. Le plus incroyable, c’est que je ne vais pas du tout avoir de courbatures, même 2 jours après la course là où, en général, je ressens le plus la fatigue musculaire.

Cette course me rapporte 3 points UTMB supplémentaires. J’en ai à présent 5. Il m’en manque encore 3 que je vais essayer de glâner le 24 octobre à la course des templiers (100km 4800m D+). Mais d’ici-là, un autre défi m’attend, mon objectif principal de l’année: le Spartathlon, le 26 septembre en Grèce… mais ceci fera l’objet d’autres articles.

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Classement: 15ème | temps: 16h30′

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