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LE VOYAGE

Mon défi était de ne jamais prendre un quelconque moyen de transport motorisé. Après être parti de Reykjavik le 1er juillet 2006, je suis à nouveau arrivé dans la capitale islandaise le 6 août.

Quelques chiffres pour vous faire une meilleure idée de l'aventure:

3013 kilomètres parcourus en 38 jours, dont 800 kilomètres de pistes non asphaltées. Entre 3 et 9 heures 30 d'effort effectif journalier. Une moyenne de 79.3 kilomètres par jour. 14 cols de 500 mètres de dénivelé positif à plus de 12% franchis. Aucune crevaison! 4 jeux de patins de freins utilisés. Un chargement oscillant entre 28 et 38 kilos suivant la quantité de vivres. Une température oscillant entre 3 et 15°C. Une révision et un graissage complet du vélo tous les 6 jours en moyenne. 35 jours de vent à plus de 20 km/h. 7 jours de grosse pluie. Une moyenne de 6000 kcal et 6 litres d'eau absorbés quotidiennement. Et surtout 100% de plaisir.

Ci-dessous vous trouverez le compte rendu complet de cette formidable aventure.

Un site Internet entièrement dédié à ce voyage est consultable en suivant ce lien: iceland2006.stepag.com

BON VOYAGE !

L'ITINÉRAIRE

LES PHOTOS

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LE FILM

DE FEU ET DE GLACE
Tourné en islande entre le 1er juillet et le 11 août 2006.
Durée: 30 min.

LE CARNET DE ROUTE

Tournez les pages en vous aidant de votre souris ou en utilisant les flèches de votre clavier. Seuls les deux premiers chapitres sont disponibles ici, ce carnet de route sera publié aux Editions Jacques Flament. Plus d'infos prochainement sur ce site.





DE FEU ET DE GLACE



Un voyage au coeur des volcans,
des glaciers et des moutons.






Ecrit en Islande,
entre le 1er juillet et le 11 août 2006.
A travers le hublot

Vendredi 29 juin 2006

J'aperçois pour la première fois, à travers le hublot, les côtes sud de l'Islande. Le sol est rouge ocre et il n'y a pas un arbre. Alors que l'avion sort son train d'atterrissage, j'essaie de réaliser ce que je m'apprête à faire ; un mois et demi à vélo pour faire le tour de cette île volcanique. Certes, ça doit faire depuis l'âge de 13 ou 14 ans, après avoir lu «Voyage au centre de la terre», de Jules Verne, que je rêvais de venir ici, mais je n'avais pas imaginé un seul jour en faire le tour à vélo. Arrivé à l'aéroport de Keflavik à 23h, le bus m'emmène à 50 kilomètres de là, à l'auberge de jeunesse de Reykjavik. Première particularité qui fait que je me crois sur une autre planète, il fait grand jour. Arrivé à la capitale européenne la plus au nord, vers minuit, il fait à peine plus sombre mais pas nuit. En fait, il ne fera jamais nuit, l'aube succèdera au crépuscule. Une fois dans ma chambre que je partage avec cinq autres personnes, qui dorment déjà à poings fermés, je commence à déballer silencieusement mes
affaires. Puis, malgré mon appréhension du lendemain, je m'endors aussitôt.
Premiers coups de pédales

Samedi 1er juillet 2006
Dist. Du jour : 70.23 km
Dist. Totale : 70.23 km
Trajet : Reykjavik - Kopavogur - Gardabaer - Hafnarfjördur - Vogar - Lagon bleu - Grindavik

Ce matin, je me lève à huit heures, mais il me faudra trois heures pour remonter mon vélo, préparer mes sacoches et faire quelques courses. Ce n'est donc qu'à 11 heures que j'enfourche ma monture. Première impression, il faut un effort démesuré pour faire avancer le vélo. Je ne pensais pas que 35 kilos de charge seraient aussi dur à déplacer. Là, je crois que je commence vraiment à angoisser. Dans quoi est-ce que je viens de m'embarquer ? En plus, dès le départ, je dois faire face à un vent assez violent et surtout glacial ! Le premier obstacle que je rencontre est de sortir de Reykjavik. Je me perds dans divers quartiers résidentiels de la capitale. J'apprends par un autochtone qu'il n'y a en fait, qu'une autoroute qui va vers l'ouest, la direction vers laquelle j'ai décidé
d'aller. Ça commence bien ! Alors que je suis venu en Islande pour me dépayser et pour fuir la civilisation, me voilà en train d'effectuer les 40 premiers kilomètres de mon aventure, sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute ! Un vent de face assez violent, le froid, les camions qui me dépassent et l'angoisse du premier jour me font déjà espérer des jours meilleurs.

Au bout de 40 kilomètres, à la hauteur de Vogar, je m'engage sur une petite route qui va plein sud. C'est là que le dépaysement commence. J'évolue en plein milieu d'un champ de lave, vieux de plusieurs centaines d'années, recouvert d'une mousse verte. J'ai de la peine à croire ce que je vois.

Quand, au bout de dix kilomètres j'arrive au « Lagon Bleu », des bains thermaux tout droit sortis d'un film de science fiction, je me sens vraiment immergé dans un pays qui promet de m'en mettre plein la vue. Même si je n'ai pu me baigner en raison du prix hallucinant, j'ai pu apprécier ce paysage lunaire. Une épaisse fumée blanche sort du sol qui abrite une
coulée de lave en fusion et donne à l'eau naturelle des bains, une couleur turquoise tropicale.

Je roule encore une vingtaine de kilomètres avant d'arriver à Grindavik, un petit village sur la côte sud, où je m'installe dans un minuscule camping pour y passer ma première nuit. A l'heure où j'écris ces lignes, tranquillement installé dans ma tente, j'entends les premières gouttes tomber...


La suite de ce carnet de route prochainement aux Editions Jacques Flament. Plus d'infos prochainement sur ce site.

INFOS UTILES

Contrairement aux idées reçues, l'Islande n'est pas un pays aussi froid que l'on imagine. Bénéficiant du courant chaud du Gulf Stream, il fera entre 5 et 25°C (ça peut arriver) en été et entre -5 et 5°C en hiver. A titre de comparaison, à la même latitude, dans le grand nord canadien, les températures atteignent fréquemment -40°C et même moins. Il est donc tout à fait possible de voyager à vélo avec des habits légers en été. Personnellement je ne portais jamais plus qu'un maillot de cycliste qui absorbe bien la transpiration et un coupe vent de cycliste qui colle au torse et permet une bonne souplesse dans les mouvements.

La période que je vous conseille pour voyager à vélo en Islande est en été. Fin juin, les journées sont les plus longues, le soleil ne se couche pas plus de trois heures. Vous pourrez alors pleinement profiter de rouler plus longtemps. L'hiver peut aussi être un défi intéressant à relever si vous cherchez quelque-chose de très physique mais il faudra être bien équipé pour la neige et la glace et les journées étant très courtes, il faudra envisager de rouler de nuit si vous voulez avancer un minimum. Si vous voulez observer des aurores boréales, il faudra partir au mois d'octobre.

La côte sud est réputée beaucoup plus pluvieuse que le reste du pays. Lors de mon séjour, cela n'a pas manqué, il a quasiment plus tous les jours dans le sud. Si vous n'avez qu'une ou deux semaines à voyager et que vous n'aimez pas la pluie, privilégier plutôt une autre partie de l'île. Mais bon, ce n'est pas une science exacte, c'est juste une probabilité.

En Islande, même si vous vous sentirez vite au milieu de nulle part, ses paysages lunaires aidant, vous n'êtes finalement jamais loin de la civilisation. Certes en dehors de Reykjavik et Akureyri, les villages restent peu peuplés mais vous trouverez toujours une épicerie ou une station essence qui vous vendra de quoi manger ou boire. Il m'est arrivé de rouler 2-3 jours sans croiser de quoi manger mais j'avais choisi l'itinéraire en toute conscience et m'y étais préparé. Vous ne serez jamais à plus d'une demi journée d'un point de ravitaillement, ce n'est pas comme si vous voyagiez en Sibérie ou dans les grandes étendues du Nord canadien.

L'islande est somme toute un pays plutôt accueillant, climat doux, aucun animal dangereux n'est recensé, criminalité quasi inexistante, population très accueillante, paysage tellement varié qu'on ne s'ennuie jamais.

En tant que cycliste, il y aura par contre trois facteurs très importants à prendre en compte et qui fera de votre voyage une aventure physiquement très engagée; se sont le vent, le dénivelé et la qualité des routes. Le vent souffle quasiment en permanence. Quand on l'a de dos, tout va bien mais de face il peut très usant physiquement et mentalement. Bien que le pays ne soit pas aussi montagneux que les Alpes, il peut cependant être très vallonné et escarpé. Les routes vont sillonner de 0m à 7-800 mètres d'altitude mais sur une journée vous pourrez facilement avoir 4 ou 5 de ces montagnes à franchir. Le cumul de dénivelé en une journée peut vite devenir important. Beaucoup de routes sont asphaltées et certainement plus maintenant que lors de mon voyage en 2006 mais certaines parties du pays comme la péninsule du nord-ouest est encore faite de routes caillouteuses. C'est d'ailleurs ce qui fait le charme sauvage de cette région. Le cycliste devra toutefois pédaler deux fois plus fort pour aller deux fois moins vite et les pierres volcaniques qui jonchent le sol peuvent être très coupantes, vous ne serez jamais à l'abri d'une crevaison. L'achat d'une bonne paire de pneu n'est pas un luxe.

Le camping sauvage est parfois difficile à pratiquer car une grande partie du sol de l'île est en fait formé de coulées de lave solidifiée. Ce ne sera pas toujours évident de trouver un endroit plat pour planter la tente. Il ne faut cependant pas hésiter à demander à des paysans ou des éleveurs de moutons de vous prêter 2 mètres carrés de sol herbeux pour installer votre campement. Il existe également beaucoup de campings, dont certains sont autogérés, c'est-à-dire qu'en lieu et place d'une réception et d'un responsable de camping vous aurez une boîte aux lettres ou vous mettrez à votre bon coeur la somme que vous voudrez.

Voilà, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon voyage!